Kazakhstan: arrestation d’un défenseur des droits des Kazakhs au Xinjiang

Un militant qui faisait campagne au Kazakhstan sur le sort des minorités dans la région musulmane chinoise du Xinjiang a été arrêté dimanche à Almaty par la police kazakhe qui a fermé son bureau et saisi ses ordinateurs, a annoncé sa compagne à l’AFP.

Serikjan Bilash est apparu dimanche sur une vidéo tournée par la police kazakhe confirmant qu’il était accusé d’incitation à la haine, sans donner de précision sur des faits précis. « Ils ont emmené mon mari dimanche matin et l’ont transféré à Astana en avion. Cela semble grave », a dit Leila Adiljan à l’AFP.

Dans cette vidéo, Bilash a confirmé qu’il était détenu par la police dans la capitale Astana et n’avait pas été arrêté par « des Chinois ou des espions chinois ». Un correspondant de l’AFP a vu des membres des forces de l’ordre kazakhes quitter dimanche le bureau d’Ata-Jurt, le mouvement de Bilash, avec des sacs en plastique noir.

Selon des bénévoles de ce mouvement, ces sacs contenaient des ordinateurs, des appareils photo et des disques durs contenant des informations sur des personnes détenues au Xinjiang. La police n’a pas fait de commentaire. L’accès à ce bureau non officiel a été interdit. Bilash a organisé plusieurs conférences de presse dans cet endroit pour sensibiliser l’opinion au sort des Kazakhs et d’autres groupes musulmans au Xinjiang.

Le Xinjiang, vaste région chinoise peuplée principalement d’ethnies musulmanes, a été le cadre de violentes tensions interethniques et d’attentats meurtriers, avant d’être placée ces dernières années sous haute surveillance policière. Jusqu’à un million de musulmans y seraient détenus dans des centres de rééducation politique, selon des accusations d’experts et d’organisations de défense des droits de l’homme.

Les autorités chinoises assurent que ces centres font partie de leurs efforts pour lutter contre le terrorisme, l’islam radical et le séparatisme dans cette région. Le gouvernement kazakh est un allié de Pékin et un maillon stratégique des Nouvelles routes de la soie, gigantesque projet chinois d’infrastructures routières, ferroviaires et portuaires couvrant une centaine de pays, en Asie, en Europe et Afrique.

Le ministère kazakh des Affaires étrangères a ouvert un dialogue avec Pékin sur le sort des Kazakhs au Xinjiang mais n’a mentionné publiquement pour la première fois que ce mois-ci ces camps de rééducation.

D.C avec AFP

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